Récemment, j’ai vu au cinéma le film « L’amour au présent ».
Voici le Pitch :
ce film aborde avec finesse l’amour face à l’adversité, explorant les défis d’un couple confronté à la maladie.
Florence Pugh incarne Almut, atteinte d’un cancer des ovaires, et Andrew Garfield joue Tobias, son compagnon tiraillé entre son désir de paternité et son amour pour elle.
Je ne dévoile rien en disant que de base, on sait qu’on ne va pas forcément rigoler…
A un moment du film….(vous pouvez sauter ce paragraphe si vous voulez mais à vos risques et périls, car mon propos ensuite n’aura aucun sens pour vous)… Almut explique en substance à Tobias le fait qu’elle a peur d’être oubliée, ou que les gens, si elle venait à mourir, se souviennent d’elle juste comme quelqu’un de malade.
Ce passage, bien mieux développé dans le film, me questionne et je crois me touche, parce qu’il met au jour un sentiment que je ressens. Si demain je venais à disparaitre, qu’est-ce que je laisserais comme trace de mon passage ?
Outre le fait d’être l’heureuse maman de deux beaux enfants, et la compagne d’un homme charmant, ou encore la fille, la cousine, l’amie… et tout l’amour que cela génère.
Est-ce qu’au jour de mon grand départ, je laisserai une marque que j’étais là. Comme une gravure dans un arbre dont on effleure les contours, ou notre nom dédié à une rue ou un monument (mais c’était qui celui là déjà ?). Et est-ce qu’il le faut ?
Ces dernières années, je me suis torturée l’esprit en me disant qu’il fallait que je fasse quelque chose qui compte, qui soit important. Quelque chose par exemple qui aide d’autres gens, qui améliore le monde dans lequel j’évolue. Devenir coach, thérapeute, travailler dans des associations, créer une société pour changer le monde à ma façon (je n’exclue pas totalement cette option)… Ou bien que je monte en grade professionnellement, ou que je devienne un grand peintre / écrivain.
Mais pour quoi ? Pour qui ? Et est-ce si important au final ?
N’est-ce pas juste l’envie d’être reconnue comme quelqu’un d’important. Une sorte d’ambition vaniteuse mal placée. Ou juste la peur de n’être qu’une poussière de passage qui sera vite oubliée…
Nous vivons dans un monde en perpétuelle évolution. Dans lequel l’amour est le moteur de certains, mais la haine est aussi le moteur de bien d’autres. Avec l’information en temps réel, nous sommes au courant de tout ce qu’il se passe dans notre quartier, comme de ce qui arrive à l’autre bout de la planète.
Je trouve cela assez anxiogène personnellement d’écouter les informations. On a l’impression qu’une catastrophe va nous tomber dessus toutes les 5 minutes. Cela génère chez moi le sentiment d’être insignifiante et inutile alors que tant de gens sont en détresse au moment où j’écris ces lignes.
Je sais qu’à moi toute seule je ne vais pas changer le monde. Mais à mon petit niveau, je peux faire quelque chose qui compte vraiment. Alors maintenant j’essaye de me recentrer, de revenir dans mon monde réel, celui qui m’entoure au quotidien. J’essaye d’être présente pour mes proches, pour ceux que j’aime (faire de la compote, aller chercher les médicaments, tenir la bassine lors des épidémies de gastro… Oui ça compte toute ça). J’essaye aussi de faire les choses avec plus de sincérité et pas « parce que c’est bien de faire comme ça ».
Quant au fait de laisser une trace de mon passage dans ce monde, maintenant je ne trouve plus cela aussi important. J’ai juste envie (déjà de rester encore un bon moment !) que les gens gardent de moi une petite étincelle dans leur coeur. Ce sentiment profond que, même dans les jours sombres, ils auront été aimés profondément et sincèrement.
Cet amour, même si je ne suis plus là, sera je l’espère comme leur petit guide pour retrouver le chemin du bonheur.
Je vous souhaite à tous d’avoir cette petite étincelle dans le coeur.
