Sortez les pelles, on creuse

Assez énigmatique ce titre je trouve, mais j’aime bien. Je vais vous expliquer.

Calez-vous confortablement dans votre fauteuil, il va falloir vous accrocher.

J’ai envie de vous partager mes pages de journal d’hier soir. Ecrire cela m’aide, cela m’a toujours aidé.

Dans des moments très difficiles, comme la perte d’une personne de manière très violente et que j’aimais profondément, cela m’a toujours aidé à me décharger et à exprimer ce que j’étais incapable de dire. Quand j’écris, tout se met en place naturellement. Cela sort de mon esprit comme je le retranscrit.

C’est brouillon, brut, mais c’est la vérité. La mienne en tout cas. Aussi floue et changeante parfois que la vie elle même.

Alors si vous êtes encore là, c’est que quelque part, vous devez y trouver un intérêt.

En partageant mes réflexions, j’espère juste apporter ma petite pierre aux vôtres.

Mais entrons dans le vif du sujet..

SPOILER : Vous allez entrer dans ma tête mais aucune Norine n’a été maltraitée lors de cet exercice. Elle va bien, elle est sur son canapé heureuse de sa vie et entourée d’amour. Cela pourra vous paraitre très sombre ou dépressif comme pensées…Peut-être. Mais je cherche à initier un changement profond en moi et on a rien sans rien. Il faut creuser dans les recoins sombres de mon esprit pour y arriver. Alors prenez vos pelles on va descendre, mais c’est pour remonter encore plus fort après.

Aujourd’hui c’était cours de chant, sans chant. Assez déstabilisant. On a parlé, beaucoup. Et Nicolas est allé appuyer doucement mais fermement sur mes verrous. Je l’ai senti. Ce sentiment d’être touchée. D’avoir encore le contrôle mais de pouvoir lâcher à tout moment.

Il a mis en évidence certains faits. Je ne m’aime pas, je me cache. J’ai peur de l’abandon et de ne pas être aimée.

Le cours s’est terminé sur cette première question. Pourquoi ? Pourquoi ça me pique de me demander pourquoi ? Qu’est ce qui me dérange dans cette question. Il faut aller gratter là où ça fait mal. Aller voir profondément ce qui se cache.

J’ai peur d’avoir été un caméléon si longtemps que je ne saurais jamais être moi. Et si j’étais quelqu’un de mauvais, de méchant au fond ? Et si je n’étais pas quelqu’un de bien ? Mais c’est quoi « être bien » ?

Je crois que j’ai associé ce mot au fait de créer de la satisfaction chez l’autre. Si je fais quelque chose et que la personne en face est contente, alors c’est bien. Je suis bien et je pourrais être appréciée pour ça.

Et si, sans la satisfaction créée je n’existais pas. Je n’étais rien. Ou si j’étais égoïste et que je créais de la souffrance chez les gens ? J’ai cette peur viscérale d’être méchante et de faire souffrir. Ça me fait mal de voir quelqu’un que j’aime avoir mal. Et je préfère endurer les choses plutôt que de générer cette blessure chez quelqu’un.

Je ne suis pas assez bien à mes yeux. Pas assez douée, pas assez jolie, pas assez intelligente. Je devrais être mieux, toujours faire mieux. Et je me dis que j’ai quand même un gros ego mal placé de penser ça. Je ne suis même pas capable d’être contente d’être moi.

J’ai peur d’être moi et que ce soit trop à gérer. J’ai peur d’en vouloir trop. J’ai aussi surtout peur de ne pas en faire assez et d’un jour me retrouver avec des regrets. J’ai ce sentiment d’avoir déjà perdu tant de temps à me poser des questions et à ne pas vivre pleinement.

Parce que je peux me retrouver seule en une fraction de seconde. Parce que si je m’aime, j’ai peur « d’abandonner » ceux que j’aime par égoïsme. J’ai peur d’être une égoïste. J’ai peur d’être comme mon père, comme mon oncle, comme tous ces gens qui font sciemment souffrir, même les gens qu’ils disent aimer, juste pour leur plaisir personnel.

J’ai peur de lâcher tout ce que je ressens et d’exploser. De ne plus rien pouvoir gérer. De me transformer en une explosion de Super Nova qui va tout dévaster sur son passage et faire mal aux gens que j’aime. J’ai peur de finir ma vie sans personne qui m’aime, et de ne pas être digne d’être aimée. J’ai peur de ne rien avoir d’intéressant à donner au monde et d’être quelconque.

Une personne parmi des milliards, dont l’existence n’aura rien apporté au monde. J’ai peur d’être insignifiante. Alors c’est surement plus facile de se dire qu’on se cache plutôt que de n’avoir rien à montrer. Je ne sers au final à rien…

Et pourtant, Nicolas m’a aussi demandé :

Ce qui m’anime c’est exister. Etre heureuse. Donner aux gens que j’aime tout ce que je suis et tout ce que j’ai pu apprendre ou comprendre, pour qu’ils puissent avancer plus vite et perdre moins de temps à se torturer l’esprit.

Ce qui m’anime profondément ce sont les discussions vraies, l’amour sincère, les relations véritables.

C’est chercher la paix intérieure et être un cocon de sécurité et d’amour pour mes proches. C’est rendre le monde plus beau, plus doux, plus sure. C’est le rendre léger et joyeux.

C’est aussi comprendre. Comment je fonctionne. Comment les gens fonctionnent et pourquoi ils fonctionnent comme ça. Car quand je comprends, j’avance vers ma paix.

Mon feu c’est de me sentir libre d’être fofolle, ou pensive, ou en colère ou sérieuse et d’en avoir plus rien à faire de ce que les gens pensent. C’est de faire rire et sourire pour que la vie soit belle. C’est d’être un pilier pour ma famille. Un phare pour qu’ils retrouvent leur chemin dans les moments de vie parfois sombres.

Mon feu c’est d’être heureuse à tout prix et de réussir à casser le carcan que je me suis construit. D’embrasser pleinement qui je suis, qualités comme défauts, et de ne plus jamais, et je dis bien jamais, m’excuser d’exister.

En étant insolente et imparfaite, drôle et bête, ridicule parfois, en faisant des erreurs et en recommençant. En arrêtant de me comparer aussi.

En m’ouvrant au monde surement. En lâchant prise. En me plantant. En acceptant de me sentir bizarre et décalée.

Crédit photo : Image by Лариса Мозговая from Pixabay

Publié par Norine

Je suis moi, juste moi. Et j'aime écrire sur tout et rien parce que c'est ça qui me plait. Chaque jour, les situations auxquelles nous sommes confrontées génèrent en nous des émotions : tristes, palpitantes, drôles... Je vous les raconte...à ma façon. Des fois ça fait rire les enfants, mais aussi les grands, ça dédramatise les situations, ça permet de réfléchir aussi. Alors si toi aussi tu cherches à rendre ta vie plus douce, bienvenue ici, j'espère que je réussirai à t'arracher ce petit rire qui me plait tant. :)

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